Histoire
Le bardeau de bois (*tavaillon* dans le Jura, *ancelle* en Savoie, *essente* dans les Vosges) couvre les habitations de montagne françaises depuis le Moyen Âge. La forêt locale (épicéa, mélèze, châtaignier, chêne) fournit la matière, fendue à la départoir (hache à fendre) sans coupe transversale — d'où la résistance aux infiltrations.
Marginalisé par la tuile mécanique au XXe siècle, le bardeau revient grâce à : - Restauration des chalets historiques en Savoie (Les Houches, Beaufort) - Patrimoine vivant des Hautes-Vosges (essentes en sapin) - Bâtiments d'accueil des Parcs nationaux (Mercantour, Cévennes, Pyrénées)
Géographie
Quatre terroirs principaux : - Vosges : essentes en sapin pectiné, fermes-musées du parc des Ballons - Jura : tavaillons en épicéa, fruitières à comté, fermes du Haut-Doubs - Savoie : ancelles en mélèze, chalets de la Tarentaise et Beaufortain - Cévennes : bardeaux en châtaignier, mas restaurés du parc national
Technique de pose
Pose en triple recouvrement (3 couches de bardeaux superposés). Fixation par clous inox ou cuivre. Largeur 8-15 cm, longueur 30-60 cm. Densité 70-90 bardeaux/m². Pente forte (55° et plus) pour évacuation rapide.
Le fendage à la main (et non sciage) garantit l'étanchéité naturelle : les fibres ne sont pas coupées, l'eau ruisselle sans pénétrer.
Durabilité
50 ans pour le sapin / épicéa. 80-100 ans pour le mélèze ou châtaignier. Patine grise au bout de 2 ans (UV).
Climat adapté
Idéal en climat de montagne (Vosges, Jura, Alpes, Cévennes). Le bois respire, gère la condensation. **Inadapté** en climat humide chaud (champignons xylophages).
Exemples célèbres
Chalets historiques de Beaufort-sur-Doron, fermes-musées vosgiennes, refuges du Mercantour, granges du Bessans (Haute-Maurienne).